Pourrait-on se passer de Noël?

RFI. Débat avec François Bernard. 25 décembre 2015

http://www.rfi.fr/emission/20151225-france-noel-fete-famille-commerciale

 

Imbrication du sacré et du profane à Noël

FRANCE 5. C dans l’air. Axel de Tarlé. 24 décembre 2015

 

Lettres de Noël (Le Robert, septembre 2015)

Petite histoire de Noël à travers les lettres de personnages célèbres et anonymes, présentées par Nadine Cretin.
Lettres de Madame de Sévigné, Hélène de Mecklembourg, Edouard Manet, Jacques Ehretsmann, la Comtesse de Ségur, Friedrich Nietzche, Mark Twain, Jules Barbey d’Aurevilly, Francis P. Church, Émile Zola, Victor Segalen, Madeleine C., Frédéric Mistral, Virginia Woolf, un Poilu, L. B. (Strasbourgeoise), Karen Blixen, Alexandre Vialatte, Anne Franck, André Breton, un parent d’élève, Groucho Marx, Claudie (jeune cliente des Galeries Lafayette), John F. Kennedy, Le Père Noël (Françoise Dolto) aux enfants, Alexandra et Amandine au Père Noël.
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Fêtes de la table et traditions alimentaires (Le Pérégrinateur, avril 2015)

COUV FETETABLE

La fête, rupture du quotidien, comprend inévitablement un ou plusieurs moments de convivialité, tel celui du repas, plus copieux, plus luxueux que d’ordinaire.

Les menus des repas ou des pâtisseries traditionnelles (galette des Rois, crêpes, beignets…) ont « toujours » accompagné les fêtes familiales ou villageoises, du berceau à la tombe, et lors des fêtes calendaires qui ponctuent chaque saison. La permanence de certaines coutumes en Europe, comme le Carnaval ou la tournée des enfants qui chantent leurs vœux de porte en porte, montre leur grande ancienneté. Ces coutumes sont parfois impossibles à dater car elles remonteraient à ce que certains appellent le temps des « Indo-Européens », terme qui ne prouve pas un caractère ethnique, mais linguistique, et qui correspondrait au deuxième millénaire avant notre ère.

On verra que la table a toujours été un formidable lieu de pouvoir et de stratégie politique ! C’est une occasion privilégiée pour la diplomatie, pour les affaires, pour les réconciliations, même si, comme toute réunion familiale ou sociale, les repas sont parfois sources de conflits.

Voir la critique dans Famille Chrétienne, 1961-1962, p. 29

http://www.famillechretienne.fr/livres/sciences-humaines/dictionnaires-et-encyclopedies/fetes-de-la-table-et-traditions-alimentaires-174556

Epiphanie et galette (l’OBS. 06/01/15)

FRANCE-TRADITION-EPIPHANY-CAKEhttp://leplus.nouvelobs.com/contribution/1302611-oui-l-epiphanie-est-une-tradition-religieuse-mais-pas-la-galette-des-rois.html

La galette des rois (l’Express. 06/01/2015)

galettehttp://www.lexpress.fr/styles/saveurs/histoire-de-la-galette-des-rois-et-de-la-feve_1637819.html

Crèche et sphère religieuse (JDD. 21/12/2014)

« La crèche dépasse la sphère religieuse »

INTERVIEW -Béziers vendredi, Melun lundi, les tribunaux se penchent sur le sort des crèches de Noël installées par les maires. Nadine Cretin*, historienne à l’EHESS, estime qu’elles sont d’abord un « rite de fin d’année ».

Quel est le sexe des anges? Quid de la nature de la crèche? La justice devra rapidement se prononcer sur la seconde partie de la question. Lundi matin, le tribunal de Melun devra en effet dire si le maire (UMP) de la ville, Gérard Millet, doit enlever la crèche installée dans la cour de l’hôtel de ville. La Fédération des libres penseurs de Seine-et-Marne a saisi le tribunal administratif pour « excès de pouvoir », Gérard Millet n’ayant pas répondu à ses nombreuses lettres par lesquelles elle lui demandait de respecter la loi de 1905 et la règle de séparation de l’Église et de l’État. Vendredi soir, le tribunal administratif de Montpellier, saisi par la Ligue des

droits de l’homme et un administré de Béziers, avait débouté les demandeurs, considérant en substance « qu’il n’y avait pas de troubles à l’ordre public ou d’atteintes suffisamment graves à la laïcité » qui nécessitaient l’intervention en urgence du juge des référés. Le tribunal se prononcera sur le fond du dossier dans plusieurs mois. Si le maire de Béziers, Robert Ménard, est sorti victorieux de l’audience, la guerre des « pro » et des « anti » est loin d’être terminée.

La crèche de Noël est-elle culturelle ou cultuelle?

C’est indéniablement une scène chrétienne puisqu’elle représente la naissance du Christ. Mais il est certain qu’elle a depuis longtemps dépassé la sphère religieuse. Il s’agit d’une tradition, d’un rite de la fin de l’année pour beaucoup de familles, chrétiennes ou non. On retrouve la trace des premières crèches avec la Vierge, l’âne et le bœuf au IVe siècle, aux alentours de 330…

« Cela ne mérite pas une guerre… »

Comment pouvez-vous affirmer que son audience dépasse celle des familles chrétiennes?

Il suffit d’observer autour de nous. On la retrouve dans des foyers qui ne sont pas pratiquants. D’autre part, l’histoire nous montre que la fête de Noël trouve ses origines dans des rites païens. Dans un pays où la religion dominante est catholique, la crèche a progressivement supplanté les célébrations précédentes. La période de la fin de l’année, dans les douze jours que l’on situe aujourd’hui entre Noël et l’Épiphanie, a toujours été marquée par des fêtes, des banquets, des bûches dans les cheminées et de la verdure dans les intérieurs. On voulait fêter les derniers jours de la nuit et le retour à la clarté et à la renaissance de la nature. Une période de générosité, de cadeaux, de promesse de printemps, de luxuriance de la terre et des récoltes… La crèche symbole de nativité s’intègre parfaitement dans cette imagerie populaire et plutôt « païenne ». Les Saturnales, sous l’antiquité romaine, se déroulaient également pendant la période précédant le solstice d’hiver. Le 25 décembre était d’ailleurs une date importante pour les Romains, puisqu’il s’agissait du jour de la naissance de Sol invictus, le soleil invaincu.

La place de la crèche n’est-elle pas dans les églises?

Les spectacles liturgiques à l’intérieur des églises ont progressivement été déplacés à l’extérieur car les manifestations devenaienttrop bruyantes et perturbaient la quiétude des lieux. Les mystères étaient des spectacles inspirés par les scènes de l’Évangile offertsaux fidèles sur les parvis. À l’intérieur des églises, ils ont été remplacés par des mises en scènes statiques. C’est saint François d’Assise qui a « exporté » la crèche à l’extérieur. Mais la crèche familiale apparaît au xviie siècle en Italie chez les riches familles napolitaines. Les paysans étaient invités à venir admirer ces superbes tableaux… On voit bien que la ligne de partage entre le religieux et le spectaculaire est difficile à établir. La vérité, c’est que la signification de la crèche est très différente selon que l’on est croyant ou non. Cela ne mérite pas une guerre…

  • Auteur de Noëls des provinces de France, Le Pérégrinateur, 2013.

Marie-Christine Tabet -Le Journal du Dimanche

dimanche 21 décembre 2014