« Noël est la fête de l’espoir » (Kaizen, n° 47, nov.-déc. 2019)

p. 22 à 24, Article de Aude Raux.

« Noël est la fête de l’espoir »

– Quelle définition donneriez-vous du mot Noël ?

  • Étymologiquement, Noël signifie “ la naissance ”. À l’origine, on parlait de nativité, en référence à la naissance de Jésus. C’est à partir de 1105, comme l’atteste un écrit retraçant la vie du navigateur irlandais Saint Brendan, que l’on trouve la première mention du mot “ al nael deu ” qui veut dire “ à la naissance de dieu ”.

 – Pourquoi fête-t-on Noël le 25 décembre alors que l’on ne connaît pas la date précise de la naissance de Jésus, “ fils de Dieu ” ?

  • Effectivement, personne ne la connaît avec certitude. La première attestation de la naissance du Christ, un 25 décembre, est mentionnée dans un chronographe de Saint Luc qui date de 354.

– Pourquoi les Chrétiens ont-ils choisi cette date ?

  •  Dans l’hémisphère nord, on célébrait, déjà avant le IVème siècle, le solstice d’hiver à travers Yule chez les peuples germaniques et via deux principales fêtes chez les Romains. À la mi-décembre, étaient organisées les Saturnales qui consistaient en un grand banquet de domestiques. Les militaires, eux, qui vénéraient le dieu Mithra, né un 25 décembre, rendaient un culte au soleil invaincu. Je pense que, soit l’Église de Rome a voulu couvrir ces fêtes païennes (dans le sens de “ non chrétiennes ”), soit elle a été influencée dans son choix pour organiser, un 25 décembre donc, la fête de la nativité.

 – Peut-on conclure que la fête de Noël est la christianisation de celle du solstice d’hiver ?

  • L’amalgame est certain dans le sens où Noël est la conjonction de ces différentes traditions. Je précise que le solstice d’hiver ne se limite pas au 21 décembre, jour où la nuit est la plus longue et à partir duquel on gagne de la lumière un peu plus quotidiennement jusqu’au solstice d’été, le 21 juin. Le solstice d’hiver est une période qui s’étire du 6 décembre au 6 janvier, lorsque l’inclinaison de la terre est au maximum par rapport au soleil. Les jours sont alors les plus courts dans le calendrier. On a l’impression que le soleil reste immobile. Étymologiquement, d’ailleurs, le mot solstice signifie le soleil (“ sol ” en latin) à l’arrêt (“ stare ”). La vie des paysans, qui représentaient la grande majorité de la population à l’époque, était dépendante des récoltes, des conditions météorologiques et des saisons qui passent. À cette période de l’année, ils travaillaient peu dans les champs. Et ils ressentaient le besoin de conjurer le mauvais sort. Ils étaient en effet habités par la crainte que le soleil ne reprenne pas sa course, que les jours ne se remettent pas à rallonger, que le temps reste hivernal et que les arbres soient éternellement dépouillés de leur verdure. Comme on le constate, les paysans étaient très liés à leur environnement, aux cycles de la nature.  

– Que faisaient les paysans pour conjurer le mauvais sort pendant ce solstice d’hiver ?

  • C’est une époque de divination de la nature. Aussi, guettait-on les signes. Par exemple, dans l’espoir que la nouvelle année soit bonne, les Provençaux mettaient des grains de blé dans des coupelles, le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe. Si ces grains levaient avant les Calendes (NDLR : premier jour de chaque mois dans le calendrier lunaire, soit le 1er janvier) c’était signe de récoltes prospères.

– Quels rituels ont perduré jusqu’au Noël tel qu’on le fête aujourd’hui ? 

  • Pour conjurer l’absence de lumière, on brûlait des chandelles. Cette tradition était aussi une façon d’honorer la mémoire des ancêtres, tout comme le fait de mettre, à côté de la table du réveillon, de la nourriture dédiée aux morts, dans le cas où ils viendraient la nuit. On entreposait également les plus grandes buches dont on disposait dans la cheminée. Par ailleurs, ce feu sacré, qui jamais ne devait s’éteindre, était un moyen de chasser les mauvais esprits, puisque, quand les volets et la porte étaient fermés, la cheminée était le seul lien avec l’extérieur. De même, pour conjurer les mauvais sorts qu’auraient pu jeter les sorcières, on confectionnait, en Franche-Comté ou en Picardie, des pâtisseries présentant des extrémités pointues, sous forme de croissant de lune, de losange, de cœur ou d’étoile. Les Britanniques, eux, disposaient des branches de houx autour de leurs lits. Notons que le sapin lui-même est pointu et que ses cônes sont symboles de fertilité. Autre façon de conjurer les sortilèges : en Alsace, les biscuits (Manelle ou Manalla) que les familles cuisinaient pour la Saint-Nicolas, fêtée le 6 décembre, étaient en forme de bonshommes. Ce qui peut être considéré comme une sorte de cannibalisme représentant, là encore, les profondes anxiétés liées à la nuit de l’hiver interminable.

– Qu’en est-il du sapin de Noël ?

  • – Face à la rareté des feuilles et des fleurs dans la nature, on mettait des branchages de laurier ou de buis dans les maisons. Et ce, dans l’idée de conjurer la stérilité hivernale. Cette superstition était promesse de fécondité pour l’année à venir. Quant au sapin de Noël, il est apparu, notamment en Allemagne, au XVe siècle, dans les hôpitaux ou les maisons de corporation, par exemple de boulangers ou d’orfèvres. Avant de faire son entrée dans les foyers vers le XVIe siècle, mais de taille beaucoup plus modeste puisqu’on le posait sur la table. On décorait ces arbres de Noël avec des fleurs en papier crépon et des pommes ou des noix, symboles, là encore, de fécondité.

– Et qu’en est-il du repas de fête ?

  •  Les Romains avaient coutume de dresser “la tabula fortunata ”, c’est-à-dire une table sur laquelle la nourriture était abondante. Parce que l’abondance promettait l’abondance. Sur cette table, étaient présentés tous les mets que le domaine pouvait procurer et que l’on espérait retrouver l’année d’après. En Alsace, jusqu’au XXe siècle, on disposait des aliments issus de trois éléments : l’eau, la terre et l’air. Cette coutume perdure puisque le menu type, qui s’est imposé en France dans la seconde moitié du XXe siècle, contient des huîtres et du saumon, des légumes, tels des marrons, enfin du foie gras d’oie ou de canard et une dinde (autant d’animaux qui ont des ailes). De même, les desserts sont très riches, comme le christmas pudding au Royaume-Uni ou les treize desserts provençaux. Quant à la bûche, elle a été créée dans les années 1875 par plusieurs pâtissiers professionnels qui ont eu l’idée d’un gâteau roulé en forme de buche. Bûche qui avait disparu de la cheminée, cet équipement ayant lui-même progressivement déserté les habitats.

– Enfin, quid du Père Noël qui distribue des cadeaux : Saint-Nicolas serait-il son ancêtre ?

  • Depuis le XIe siècle, dans l’Europe germanique, et notamment dans le nord et l’est de la France, la Saint-Nicolas est célébrée le premier jour du solstice d’hiver, soit le 6 décembre. Saint-Nicolas a réellement existé. Il est né vers 270 et est mort en 345 à Myre, une ville située dans l’actuelle Turquie où il avait été évêque. Selon une légende, il aurait distribué à trois jeunes filles pauvres, trois nuits de suite et de façon anonyme, des pièces de monnaie emballées dans des linges. On retrouve dans cette histoire, tous les “ ingrédients ” du Père Noël. C’est ainsi qu’au fil du temps, ce saint a été représenté sur son âne, délivrant des friandises aux enfants, suivi du père Fouettard, qui, lui, assène des coups de bâton à ceux qui n’ont pas été sages. De plus, les Pilgrims fathers (NDLR : Les Pères pèlerins partis du Royaume-Uni et de Hollande, à bord du Mayflower en 1620, pour coloniser l’Amérique) qui honoraient ce saint, en tant que patron protecteur des marins, ont importé avec eux cette tradition. Tradition qui va être contée et illustrée dans un poème La nuit avant Noël signé d’un pasteur, Clément Clarke Moore, paru au début du XIXe siècle, montrant Saint-Nicolas tel qu’on se le représente aujourd’hui, vêtu de rouge et arborant une barbe blanche, qui va marquer l’inconscient collectif américain.

– Quand et comment Noël est-elle devenue une fête commerciale  ?

  • Après la Seconde Guerre Mondiale, Noël a complètement changé de physionomie. Le fossé entre Noël païen et Noël chrétien s’est considérablement creusé. Principalement en raison des Américains qui ont diffusé en Europe, puis dans le monde, via notamment la marque Coca-Cola, leur conception, davantage matérialiste et consumériste, de Noël. Alors qu’autrefois, c’était une fête très pieuse, même pour ceux qui n’étaient pas Chrétiens. La société de consommation, portée par les Trente Glorieuses, s’est développée et, en parallèle sécularisée.

– Pourquoi aimez-vous tant Noël ?

  • C’est une fête à nulle autre pareil. Derrière Noël, il y a tellement d’espoir, comme on l’a vu avec ces paysans qui, alors dépendants de la nature, espéraient une année à venir prospère. Par ailleurs, à l’occasion de cette fête, des familles se réconcilient. On parle d’ailleurs de trêve de Noël. Autres valeurs que véhicule cette fête : la générosité et la solidarité. En témoignent les collectes, à l’égard des pauvres et des malades, de nourriture ou de cadeaux, qui foisonnent à cette période de l’année. À Noël, on ouvre son portefeuille comme on ouvre son cœur. 

En savoir + : https://nadine-cretin.com/

« Nous avons besoin de Noël » (L’Union, 22 décembre 2019)

Article de Samuel Ribot

« Nous avons besoin de Noël »

Cette historienne et anthropologue se passionne depuis toujours pour la fête de Noël. Du choix du 25 décembre à la tradition de la bûche en passant par les Saturnales romaines, elle nous fait découvrir Noël à travers plus de 2000 ans d’histoire. « Nous avons besoin de la fête de Noël, parce qu’elle intervient en plein hiver, qu’elle marque le réconfort et qu’elle favorise la réunion de la famille. »

  • Pourquoi fête-t-on Noël le 25 décembre ?

  • Toutes les religions fêtent-elles Noël ?

  • Pourquoi et depuis quand Noël rime-t-il avec abondance ? A quoi correspondent les cadeaux ?

  • Sait-on d’où viennent les marqueurs de Noël : repas de réveillon, sapin ?

  • La bûche a elle aussi une histoire particulière.

  • La construction de cette fête est un exemple unique.

 

 

 

« Qu’est-ce que le cadeau dans notre société ?  » (RFI, 2 janvier 2020)

Avec Emmanuelle Bastide : « 7 milliards de voisins ».

http://www.rfi.fr/emission/20200102-cadeau-societe

En cette fin d’année, des milliards de personnes se sont échangé des cadeaux. Pourquoi et comment ces dons continuent-ils de créer du lien entre les gens ? Que représentent-ils pour ceux qui les reçoivent…et pour ceux qui les offrent ?

Avec :

  • Nadine Cretin, docteure en histoire, spécialiste d’anthropologie religieuse. Historienne des fêtes

– Jean-François Chanlat, professeur émérite en sciences des organisations à l’Université Paris-Dauphine, spécialiste de l’anthropologie des organisations et du management interculturel

Le Père Noël a-t-il été créé par Coca-Cola? (Les idées claires, France-Culture, 24 décembre 2019)

Avec Nicolas Martin
Vidéo de Yann Lagarde

Noël : folklore ou réalité ? (L’1visible, n° 109, décembre 2019, p. 16, 17)

La foi en questions
Le monde entier fête Noël, à grand renfort de sapins, cadeaux, repas festifs…
Pour beaucoup, c’est un joli folklore. Mais pour les chrétiens, cette fête est
bien plus : c’est le jour où ils célèbrent la venue de Dieu sur terre
dans un nouveau-né, en Israël, il y a plus de 2 000 ans.
D’ACCORD PAS D’ACCORD : LE DÉBAT ENTRE LILI SANS-GÊNE ET JULIEN DURODIÉ
Cette journaliste s’est toujours intéressée aux questions
religieuses. Elle a lu la Bible. Elle pose sans complexe les
questions que beaucoup n’osent pas poser.
Julien Durodié est prêtre du diocèse de Paris, vicaire sur la paroisse Notre-Dame de l’Assomption dans le 16e arrondissement.
1
– Lili Sans-Gêne : Je peux comprendre qu’on puisse
croire en un Dieu quelque part dans le ciel, mais
qu’il soit venu sur la terre, je n’en vois pas le
sens… Pourquoi serait-il venu de si loin ? Ça ne
tient pas la route.
– Julien Durodié : Dans le ciel, s’il y reste, Dieu
est bien lointain et inaccessible, une sorte de
mystérieux grand architecte… Que serions-nous
capables d’en dire ? Pourrions-nous penser qu’il
s’intéresse aux hommes ? Dieu, venu de « si loin
et de si haut », vient nous dire qu’il nous aime.
N’est-ce pas une incroyable belle découverte sur
ce Dieu dont nous savions déjà qu’il était créateur
?
2
– Et comment un Dieu peut-il être en même temps
homme ? C’est un peu tiré par les cheveux, votre
affaire… Même lui n’a pas l’air d’y croire dans
les évangiles !
– Si Dieu est Dieu, alors il ne peut être que toutpuissant.
Se faire homme, alors qu’il est Dieu,
nous semble peut-être étonnant, mais rien n’est
impossible pour lui. Il veut se faire tout petit pour
montrer jusqu’où va son amour. Prêt à tout pour
cela ! C’est une nouveauté extraordinaire du christianisme
: Dieu se fait petit enfant et vient vivre
parmi les pauvres. C’est un abaissement, certes,
pour un Dieu tout-puissant, mais c’est une magnifique
preuve de proximité et une source d’espérance
pour tous.
3
– Et puis, tout ce folklore autour de la naissance de
l’Enfant-Jésus, ça rend encore plus ridicule cette
histoire, honnêtement. Pourquoi avoir imaginé un
âne et un boeuf dans la crèche, et des anges qui
chantent autour ? C’est un peu caricatural comme
décor, tout de même !
– Mettez un enfant au milieu des animaux, présentez-
leur un nouveau-né, et vous verrez combien
Dieu est pédagogue en choisissant la simplicité
de la grotte de Bethléem pour se manifester au
monde : un Enfant nouveau-né, entouré de son
père adoptif et de sa mère, visité par les bergers
des alentours. C’est ainsi relaté dans l’Évangile.
C’est simple, c’est beau, c’est vrai. Réchauffé probablement
par un âne, un boeuf, des brebis… : ça,
c’est une tradition qui nous rend la scène plus
familière encore. Pourquoi pas ?
4
– Pourquoi ne pas être venu plutôt sous l’aspect
d’un roi ou d’un puissant, qui aurait impressionné
les foules : un bébé, ça ne convainc personne.
C’est n’importe quoi, ce nouveau-né que
les rois mages viendraient adorer du bout du
monde. Pas du tout crédible !
– C’est effectivement étonnant que Dieu ne soit pas
né dans le palais d’un prince. En naissant dans
une grotte servant d’abri pour les bergers et les
animaux, Dieu n’hésite pas à nous livrer un message
qu’il ne cessera pas de répéter tout au long
de la prédication de Jésus : il faut un coeur d’enfant
pour entrer dans le mystère de Dieu. Invitation à
la pureté, à l’innocence, et non pas à l’immaturité
bien sûr ! Il y a chez les mages, qui viennent adorer
cet Enfant, quelque chose de cette innocence.
Cela prouve bien que les adultes à l’esprit d’enfance
peuvent aussi accueillir le mystère de Dieu.
Merci, les mages ! Vous nous rassurez !
« Un âne, un boeuf,
des anges qui
chantent autour…
C’est ridicule
et caricatural ! »5

– Et tout ce temps perdu avant de se faire homme :
sa longue enfance dont on ne sait rien, ses trente
premières années à rester dans son village
perdu : ce n’est pas un rapide, votre Dieu !
– Le Pape Paul VI disait : « Nazareth, c’est le silence. »
Jésus est resté silencieux pendant environ trente
ans avant de se manifester publiquement. Quelle
leçon ! C’est dans le silence que Dieu parle, c’est
dans le silence que nous nous découvrons nousmêmes.
Alors que nous nous acharnons à faire, à
produire, à nous activer pour briller, Dieu nous dit
à travers la vie de Jésus à Nazareth que « l’amour,
ce n’est pas de faire des choses extraordinaires,
mais de faire des choses ordinaires avec un amour
extraordinaire ». C’est ainsi que s’exprimait sainte
Thérèse de Lisieux : c’est le chemin de l’enfance
spirituelle. Accessible à tous !
« Dieu n’est pas né dans le palais d’un prince.
En naissant dans une étable, il nous livre
un message : il faut un coeur d’enfant pour
entrer dans son mystère. »
6
– Et Dieu, ensuite, aurait erré comme un manant
sur les routes de Palestine à essayer de vendre
son projet divin, de convaincre les gens de croire
en lui, un par un ? C’est un plan de looser, ça !
– Si dans nos sociétés abîmées par la maladie, la
solitude, le burnout, on trouvait quelqu’un à faire
des miracles, à redonner espérance, on accourrait
vers lui ! N’est-il pas vrai que nous attendons toujours
parmi nos politiques l’homme et la femme
providentiels ? Jésus en son temps a attiré des
foules considérables sur cette petite terre de Palestine
et accompli des guérisons, des conversions
par milliers. Sa seule arme, c’est vrai, comme il
avait voulu se dépouiller de toute autre chose,
c’était l’amour jusqu’au don total de sa vie. Et
aujourd’hui, ressuscité, à jamais vivant, il continue
d’exercer une fascination dans le coeur de millions
d’hommes, à guérir, à redonner courage, à donner
le sens de la vie. Jésus, un looser ?
7
– Et pourquoi aurait-il choisi la Palestine comme
« zone d’atterrissage » ? Pourquoi n’a-t-il pas
fait le tour du monde si ce qu’il avait à dire était
si important ?
– Même histoire ! Un petit peuple, pourtant élu
depuis un lointain ancêtre, Abraham. Une petite
bourgade, Bethléem. On lisait d’elle dans les prophéties
« Et toi, Bethléem, tu n’es certes pas le
moindre des cantons de Juda, car de toi naîtra un
sauveur » (Michée 5, 1 ; cité par Matthieu 2, 6).
Mais quel incroyable succès ! Dans ce petit pays,
au bord d’une petite rivière, il a choisi douze
apôtres et quelques femmes, les a formés, en a
fait ses amis. Il leur a communiqué son Esprit,
puis les a envoyés dans le monde. Voilà un chef
qui sait déléguer et donner de la place à ses collaborateurs.
Quatre cents ans plus tard, l’Empire
romain se convertissait au christianisme. Ah ! le
feu de l’Esprit !
8
Bon, vous pouvez dire tout ce que vous voulez,
mais pour finir, son plan a totalement échoué :
après trente-trois ans à trimer en Palestine, à
parler à des juifs ou à des païens qui ne voulaient
pas l’écouter, il meurt comme un voyou sur une
croix ! Ce n’est vraiment pas la religion des
gagnants, le christianisme !
Oui, on peut rester avec l’image du Christ en
croix, ce n’est pas spécialement joyeux ! Comme
si l’amour était définitivement vaincu par la
haine. Évidemment, la vie de Jésus ne s’arrête
pas sur la croix. Si elle s’était arrêtée là, l’histoire
du christianisme et de sa vivacité au long des
siècles n’aurait même pas commencé. Mais voilà,
Jésus a vaincu la mort. Le troisième jour, il est
sorti de son tombeau, il est ressuscité. Tout commence
là. Nous croyons désormais Jésus vivant,
caché mais agissant au long de l’histoire et dans
l’intimité des coeurs, nous inondant de son
amour, jusqu’au jour où il reviendra pour juger
les vivants et les morts.
POUR ALLER PLUS LOIN
Noëls des provinces de France
Nadine Cretin, Le Pérégrinateur, 2013, 140 p., 14,90 €

DÉCEMBRE 2019 / N° 109 la foi en questions